
Une petite lanterne
J’aurai aimé naître avec une petite lanterne pour m’accompagner partout dans la vie, dans le monde, sur la terre, aux quatre coins de l’univers.
Une lampe suspendue qui jamais ne s’éteindrait, pleine de Soleil à disposition, comme un coffre au trésor.
Un Astre à propulser la vie devant, tel un cœur qui palpite sans jamais s’arrêter.
Ce serait si beau, une lumière toujours nouvelle, jamais interrompue, qui éclairerait quel que soit le temps ou la saison.
Une lanterne avec des vitres pour protéger sa flamme. Elle darderait ses rayons sans jamais fatiguer, avec la guérison dedans.
Elle offrirait sa chaleur à tout instant comme deux mains tendres ; elle éclabousserait de caresses notre chair meurtrie, nos souvenirs aussi.
Elle diffuserait son parfum de clarté pour notre esprit tourmenté. Elle serait toujours là quel que soit l’endroit où l’on se trouve, à ôter notre obscurité, ou plutôt à la bercer tel un enfant malade. Elle éclairerait tous les recoins du manque, toutes nos zones en absence.
J’ai rêvé d’un petit flambeau éternel qui viendrait au monde en même temps que moi, plus de risque d’erreurs, plus de peine à chercher son chemin.
Comme un feu dans le noir de l’hiver, elle soupirerait en volutes d’amour, sans gêne ni fausse pudeur. Elle se livrerait à chacun de mes élans, sans retenue, sans rien oublier, et surtout plus personne.
Elle aurait la beauté flamboyante des nuits d’été, lorsque les lucioles enivrées de leurs propres étincelles ne pourraient plus éclairer. Elle serait si belle cette clarté inégalée, qu’elle retournerait les étoiles. Elle aurait la grâce de l’hirondelle et la force du rocher.
Elle irait même, et pourquoi pas, jusqu’à faire pleurer le ciel, tout honteux de la solitude où il nous laisse si souvent. Il demanderait pardon à nos faux pas, à nos mauvais choix, à nos fautes, à nos blessures.
Un éclat tremblant rempli de componction, magnifié par la vie divine, illuminé par la présence invisible d’un ange, oh, comme cela nous irait bien ! Une petite veilleuse pour inonder de soleil nos yeux fermés sur la beauté du monde, y aurait-il plus merveilleux ?
Comme ce serait beau un réverbère en notre compagnie de la naissance jusqu’à notre mort. On aurait, c’est sûr, la grâce des éclipses qui ravissent tous les yeux. On attirerait vers le haut, là où jamais on ne reste seul bien longtemps.
On aurait la vitesse d’une comète sur le chemin de lune, ou bien la lenteur d’une marche tranquille assurée de sa destinée. Vivre avec une lumière accrochée à son âme nous reposerait au plus profond, on est si affamé de paix. Affamé.
J’aimerais tant ce halo fragile. La lumière et l’amour vont si bien ensemble. N'est-il pas vrai que l'amour transforme nos ombres et nos opacités ? Comment pourrait-on douter de sa puissance à embraser nos vies ?
Oh mon Dieu, donnez-moi cette lueur à l’abri des méchants, pour aimer comme je n’ai encore jamais aimé jusqu’ici. Un éclat de soleil ne saurait me trahir, il saurait j’en suis sûre allumer le feu dans tout être de désir et même rendre en dévotion les cœurs indifférents.
Je veux une lanterne aussi jolie que les pupilles d’un regard amoureux, aussi puissante que la foudre des éclairs pendant l’orage, aussi belle qu’une larme d’amour comme celle qui, à l’instant, vient de tomber au moment où j’écris.
Une flamme dans une larme traversée par l’Amour.
Finalement, c’est peut-être la lanterne dont je rêvais.
(Droits d'auteur protégés : preuve de dépôt)
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